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L'un des squelettes du cimetière médiéval de Mariana - © Ville de Lucciana Etude des ossements - © Ville de Lucciana Etude des ossements - © Ville de Lucciana Les os sont lavés à l'eau puis mis à sécher avant d'être étudiés - © Ville de Lucciana Sur le terrain en 2006, la fouille minutieuse d'un des squelettes (sous la direction de Philippe Pergola) - © Ville de Lucciana
Au sein du dépôt archéologique de Lucciana, les squelettes livrent leurs secrets !!


Dans le cadre de sa thèse de doctorat sur les sépultures médiévales en Corse (V° - XV° s.), l’anthropologue Anne-Gaëlle Corbara de l’Université d’Aix-Marseille (LA3M, UMR 7298) a consacré ce mois de novembre à l’étude des squelettes mis au jour sur le site de Mariana et conservés dans les réserves du dépôt archéologique de Lucciana.

 

Mariana au Moyen-Age : bref rappel

A l’aube du V° siècle après J.-C., un complexe épiscopal, composé d’une basilique et d’un baptistère, est érigé sur les ruines de l’Antique cité romaine de Mariana. Il s’agit de l’un des premiers édifices chrétiens bâtis sur l’île et constitue probablement dès l’origine le siège de l’évêché de Mariana, faisant de ce site l’un des hauts lieux du pouvoir politique et religieux de Corse. A la même époque, une église funéraire, dédiée vraisemblablement au martyr Saint-Parthée, est édifiée sur une ancienne nécropole antique. Cette église abritait des tombes privilégiées, décrites et étudiées par Anne-Gaëlle Corbara en 2012.

Au tout début du XII° siècle, une nouvelle cathédrale, dite A Canonica, est construite au nord de l’ancien complexe, probablement très délabré et trop petit par rapport aux ambitions de la République de Pise, alors en charge du gouvernement de la Corse. En 1119, l’archevêque de Pise consacre le nouvel édifice, dédié à Santa Maria Assunta. Il est progressivement abandonné à partir du XIII° siècle.

Sans doute dès le X° et jusqu’au XIII° siècle, l’ancienne basilique et ses alentours sont progressivement utilisés comme cimetière. En témoignent les nombreuses tombes fouillées dans les années 2000 sous la direction de Philippe Pergola et dont les squelettes sont en cours d’étude.

 

Que peuvent nous révéler les squelettes…

 A partir de l’étude minutieuse des restes humains, l’anthropologue réalise une véritable enquête sur l’individu : âge au décès, sexe, éventuelle pathologie, traumatisme, particularité anatomique, mode de vie, etc… Appliquée à un groupe d’individu l’analyse des ossements permet par exemple de mettre en évidence des groupes familiaux.

Couplée à l’archéologie, à l’histoire et parfois enrichie d’analyses biologiques, l’étude des squelettes prend tout son sens, décryptant petit à petit toute une partie de l’histoire d’une population :

-          son quotidien (activité physique, alimentation, appartenance sociale…)

-          son état sanitaire (épidémie, mal nutrition, mortalité infantile…)

-          sa gestion des défunts (types de sépultures, rituels funéraires…)

 

…sur Mariana au Moyen-Age ?

Cette recherche anthropologique sur les cimetières médiévaux de Mariana nous en dira plus sur l’évolution des pratiques funéraires tout au long du Moyen-âge dans l’un des centres religieux les plus importants de l’île. Comment était géré l’espace funéraire ? Quel lien ces ensembles funéraires entretenaient-ils avec les édifices de cultes, l’ancienne basilique et la Canonica ? Y a-t-il un lien de parenté entre les défunts ? Qui étaient ces habitants dont nous ignorons tout ?

 

Les rapports d’études seront bientôt accessibles au téléchargement sur le site web !